Les insectes, sushi du futur dans notre assiette!

La semaine dernière je t’ai parlé de ce qui fait que parfois on considère un aliment comestible alors qu’un autre, tout aussi comestible, peut être relayé au stade de déchet. Dans ma pratique et ma vie de façon générale j’essaie de n’avoir aucun préjugé face aux aliments que je ne connais pas! Mais un matin Facebook m’a mis en pleine face l’une de mes faiblesse, une chose que je n’avais pas encore testé et je dois le dire qui me faisait un peu hésiter. La consommation d’insecte! Je vous parle de quelques initiatives complètement délirantes et délicieuses dans cet article. Et toi, est-ce que tu considères les insectes comme comestibles? 😉

Sushis zombies et néophobie

Si je parlais de manger des insectes à plusieurs personnes je sais que certaines me répondraient simplement: « Non! Juste NON! ». Pour bien des gens la seule penser de consommer des insectes est carrément INCONCEVABLE. J’aime bien faire le parallèle de la consommation d’insecte à celle des sushis. En fait, il y a plusieurs années, avant que le sushi ne devienne un outil de « hipsterisme » (oui oui ça c’est un mot de mon cru) et quand bien des gens faisaient encore une p’tit face de dégout à l’idée de manger du poisson cru dans un sushi (tsé des fois qu’il se mettrait à grouiller!) on nous faisait miroiter les avantages et bienfaits du suhi. On nous ventait que le sushi était une option repas rapide, santé et respectueuse de l’environnement et que le wasabi était dont drôle à cacher dans le sushi de ton voisin.

Nutritonic discute des pourquoi justifiant l'absence d'insectes dans l'assiette des Québécois

Source: giphy.com

Bref, que des éloges pendant que plusieurs voyaient leurs cauchemars s’infester de sushis zombies! La peur du nouveau, de l’inconnu, de l’aliment étranger. Voilà le lien entre le sushi et les insectes épicés bbq! Et ça c’est ce qu’on appel dans mon jargon la néophobie, la peur du nouveau et tout particulièrement dans le cas présent, la peur des nouveaux aliments! Même si on associe souvent les enfants à la néophobie, les adultes sont aussi ô combien coupables! Avoue que tu as eu peur la première fois que tu as goûté à du kale ou du tofu! Je te comprend, mais une fois apprivoisé ces aliments sont siiiiiii bons! Dans le cas de la consommation d’insecte (entomophagie), c’est un joyeux cocktail de néophobie et de perception désagréable face aux insectes qui nous fait grimacer devant une sauterelle saucée dans le chocolat.

Manger des insectes? Pourquoi je ferais ça?

Bon! Chacun trouvera sa propre motivation à tenter cette nouvelle expérience. Oui les insectes peuvent très certainement être juste délicieux, mais je voudrais t’amener plus loin dans ta réflexion devant ton prochain snack à base d’insectes. Généralement, lorsque je parle de gaspillage alimentaire j’aime rappeler l’impact environnemental créé par chaque aliment gaspillé. Tu le sais probablement déjà, on entend souvent que la production d’un kilo de boeuf nécessite l’utilisation d’environ 15 000 litres d’eau et la production 10 kilos d’aliments. Pas étonnant que l’on dise que l’élevage du bétail soit responsable de 18 % des gaz à effet de sert, ce qui est plus que l’ensemble des moyens de transports réunis. En comparaison, la production de 1 kilo de grillons vivants nécessite 1,7 kilo de nourriture qui provient en partie des déchets organiques comme le compost. Je te vois déjà frissoner à l’idée de manger les grillons provenant des poubelles pour en faire de la farine, ce qui n’est absolument pas le cas!

Les insectes dans l’assiette des Québécois

La consommation d’insectes au Québec fait de plus en plus d’adeptes, d’ailleurs Bernard Lavallé, alias le nutritionniste urbain l’avait bel et bien prédit dans les tendances alimentaires à venir pour 2016. Plusieurs autres initiatives sont également déjà bien en place dans le marché Québécois telles que la compagnie Naak qui propose des barres protéinées à base de farine de grillon qui sont complètement FOLLES et délicieuses! Avec une liste d’ingrédients simple, une teneur intéressante en protéines et en glucides et un goût parfaitement chocolaté ce ne sera certainement pas un défi de terminer ta barre. Autre entreprise émergeante, Uka protéine propose des produits tout aussi intéressants tels que de la farine de grillon, des grillons rôtis (pour les plus courageux) et leur propre version de la barre à base de grillon. Finalement, récemment j’ai découvert une petite entreprise en or qui se distingue par ses produits uniques. Cette entreprise locale en pleine effervesence, après seulement deux mois d’activités, se spécialise en réalité dans la confection de pâtes alimentaires à base de farine d’insectes. Ce petit bijoux c’est Tottem Nutrition! Et ne va surtout pas croire que j’ai été commandité pour te parler de cette superbe entreprise, bien qu’ils m’aient gentiement fait cadeaux de leurs produits! Nenon! J’y suis allé de moi-même, seule, main dans la main avec ma curiosité! Cette entreprise fièrement dirigée par Claude Girard cofondateur aspire à quelque chose de bien grand. Pour le moment leur farine d’insectes leur provient de chez Entomo Farms, une compagnie Ontarienne, mais comme l’entreprise accorde une importance particulière à minimiser son emprunte environnementale, soit réduire ses déchets et le gaspillage alimentaire et minimiser le transport encouru par leur production, Claude Girard projette de produire lui même ses farines dans une ferme verticale complètement autonome et ici même! Pour avoir goûté à ses différents produits, puisqu’ils offrent également une gamme de pâtes sans farine d’insectes et à partir de plantes, tu ne verras pas la trace d’un insecte dans tes pâtes et c’est un petit goût salin et de grains entiers qui prendra la place. Une liste d’ingrédients simple et épurée, une teneur intéressante en fibres et en protéines et de bons gras, ça en fait un repas soutenant et parfait pour l’amateur de plein-air dans un sortie automnale. À découvrir très certainement! Retrouve moi sur Facebook et Instagram pour des idées de Touski à cuisiner avec ces superbes pâtes! 

Au final, la principale raison qui fait en sorte qu’on ne consomme toujours pas d’insectes de façon plus régulière (parce que c’est définitivement très bon), c’est nous et ce qui se passe entre nos deux oreilles. On peut maintenant dire que c’est accessible au Québec. Pourquoi ne pas faire comme des millions de gens sur la planète et les ajouter à notre menu? D’ailleurs, si tu lis ça et que tu es un membre de mon entourage, méfie toi ou plutôt prépare toi mentalement puisque les chances que je te serve ça à notre prochain souper cet automne avec une poilée de champignons sauvages et de la courge rôtie sont très élevées et tu n’y verras que du feux. 😉

Bon appétit!

Références

Van Huis A, Van Itterbeeck J, Klunder H, Mertens E, Halloran A, Muir G, et al. Insectes comestibles: Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. 2014.

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