Deux semaines pour lutter contre l’obésité chez les jeunes

Ceux qui me connaissent bien ne seront pas étonnés par le contenu de ce premier billet. Non je ne vous y parle pas de moi, ni des fondements de la nutrition et de ses milles et un nutriment. Aujourd’hui, je vous parle d’un petit bijou de camp qui a bel et bien un petit quelque chose de magique et d’unique. Que ce soit par sa thématique d’Harry Potter qui s’est imprégnée du camp tout l’été ou par ses nuits de pluies de lucioles ou encore par son incroyable capacité à changer la vie de centaines d’enfants en seulement deux semaines. J’en ai des frissons jusque dans le dos, car ici on leur offre un brin d’eux-mêmes qui leur sera essentiel pour grandir en santé, loin des statistiques de l’obésité chez les jeunes (espérons-le) et qui leur permettra de s’épanouir un peu plus.

Ce camp, il a de magique jusque son emplacement. Pas besoin de la carte du maraudeur ou de transplaner pour vous y rendre. Vous saurez que vous êtes sur la bonne route lorsque vous aurez eu votre quatrième haut le cœur à force de zigzaguer dans les routes indécises du coin et lorsque vous aurez perdu le réflexe de cligner naturellement des yeux par peur de rencontrer un chevreuil un peu trop téméraire au milieu de ce chemin imprévisible. Et voilà, après avoir roulé quelque chose comme 1h15 à partir de la grande ville et au moment où l’impression d’avoir roulé beaucoup trop longtemps devient une réelle angoisse… BAM c’est là! Prit entre quelques dizaines de lacs et une forêt qui sent bon le miel, tu viens bel et bien d’arriver à la Base de plein air Bon départ.

Des enfants avec un avenir droit devant

La Base de plein air Bon Départ, je peux dire qu’elle porte un peu mal son nom parce que les jeunes qui y sont accueillis voudraient pour la plupart y rester. Des jeunes il y en a et de toutes les sortes. Non non je vous vois venir! Ici je ne parle pas du jeune de votre troisième voisine qu’on entend faire sa crise à trois coins de rues parce qu’il n’a pas eu droit à son Ipomme dernière génération pour sa fête. Ici on parle de jeunes mal amanchés. Des jeunes avec des histoiresLutte contre l'obésité chez les jeunes familiales qui ne se racontent pas. Des jeunes qui ont autant de mauvaises histoires à raconter qu’ils ont de séjours en centres jeunesses et en familles d’accueil. Et ce camp là il vient faire quoi là-dedans? Il offre à ces enfants bien des choses auxquelles ils n’ont pas accès en dehors des frontières de cette base de plein air ; une simple figure maternelle ou paternelle, des amis, du respect, un espace vert où jouer, le droit de rire simplement et d’être seulement un enfant et pourquoi pas un peu de confiance en eux si on arrive à bien les percer. Et pourquoi pas, ça reste des enfants non et des enfants ça jouent des tours… Attention à vous chers moniteurs! Ici on les fait bouger, avec pour seul objectif, le plaisir dans sa forme la plus simple. La cerise sur le sundae et là où j’ajoute mon p’tit grain de sel dans la magie de leur été: on leur offre une éducation culinaire et la chance d’avoir assez confiance en eux et en leurs capacités en revenant à la maison pour qu’ils réussissent à mettre autre chose dans leurs pâtes que de la margarine.

Des petites papilles fragiles et méfiantes sur la base plein air il y en a à la cargaison. Ici, au camp, on leur donne la chance de réaliser qu’une tomate est une tomate et qu’elle ne pousse pas en conserve (oui oui ça arrive). Ici, on leur donne la possibilité de découvrir ou redécouvrir le plaisir de manger avec des saveurs qui ont d’exceptionnelle autant leur simplicité que leur accessibilité. Ici, on les pousse à se découvrir de nouveaux talents de mini chef et à apprendre à se faire confiance et à être fière de leur création. Et pourquoi pas, à se découvrir un intérêt pour une future carrière passionnante; nutritionniste (pourquoi pas 😉 ), cuisinier, gestionnaire, chef, tenancier de restaurant… 

On jardine du camp Bon Départ pour lutter contre l'obésité chez les jeunesLa lutte contre l'obésité chez les jeunes c'est aussi par l'apprentissage de la cuisine

La fierté de ces jeunes-là et bien elle se déguste à coups de grandes bouchées gourmandes devant leurs supers créations qu’eux-mêmes n’auraient pas pensé être capables de réaliser. Se surpasser avec comme seule récompense du fun, une bonne collation « pimpée » et un petit tour dans le jardin du camp, ça n’arrive pas tous les jours!  

Des compétences à rabais pour de la bouffe au coût élevé

Je vous le dis, au Québec comme ailleurs, on oublie. Partout dans le monde des initiatives se mettent sur pied parce que cuisiner est une compétence qui s’oublie au rythme de l’épidémie d’obésité qui prend toujours plus de place. Qu’on ne pense qu’à la Tablée des Chefs ici ou en France ou même ailleurs dans le monde, les mouvements Food Nation et Food Revolution dont notre cher monsieur Oliver (c’est un peu comme le Ricardo britannique non??) se veut le porte-parole. « Live » là les amis c’est un enfant sur quatre qui souffrent d’obésité ou d’embonpoint! Cette épidémie-là et bien on l’alimente avec le « craving » populaire pour de la bouffe vite faite en prenant bien soin d’éviter le revers de la boîte et d’y ouvrir notre conscience générale tout en contribuant à l’amnésie générale. Les plus grands consommateurs de ce type de bouffe ne sont pas les familles aux revenus les plus faibles!  Étonnant? Pourquoi payer 8 $ la portion quand il vous en coûte 1,50 $ lorsque vous pouvez cuisiner et même moins quand c’est à partir de restes. Me voyez-vous venir?! Comment faire avaler aux jeunes la pilule de la saine alimentation et sa posologie quand pour eux les pâtes à la margarine (ou à la p’tite poudre jaune-orange) sont bien suffisamment complexes à réaliser.

Et moi là-dedans j’étais là au camp, à me rappeler que si j’ai pu développer cette passion qu’est la bouffe qui m’a menée à ma profession de nutritionniste c’est grâce à cette chère maman adorée qui a eu la charmante idée de me mettre à contribution dans la fabrication des muffins familiaux. Oui oui, cette même expérience là que la plupart de ces jeunes sont loin d’avoir eu la chance de vivre! C’est bel et bien grâce à cette superbe initiative du camp Bon départ et de la Tablée des Chefs que ces jeunes ont eu la chance pendant ces deux semaines de découvrir et de mieux comprendre ce qui composera leur assiette de demain. Ces jeunes-là, donnez-leur du fromage ennuyeux et une vieille poire et ils feront tourner les têtes avec un grilled cheese à en faire baver les chefs cuisiniers des environs. Ce qu’ils apprennent en confectionnant un grilled cheese de luxe, une omelette ou un couscous : les compromis, la découverte, la persévérance (ben oui ça en prend quand tu viens de mettre 50 x la quantité de poivre recommandée dans ton omelette), le travail d’équipe, la confiance et la fierté, qui sont d’ailleurs beaucoup trop rares chez ces jeunes.

Le plaisir dans l'assiette pour prévenir l'obésité chez les jeunes

Troquez vos vis à rabais pour un sourire d’enfant

Cet été n’en était pas un comme les autres à ce camp. Cet été, ma collègue Héloise Leclerc (je vous conseille également la lecture de sa propre interprétation de son expérience ici) et moi étions assises bien calés dans cette chaises beaucoup trop grande pour notre seule volonté aux premières loges de cette véritable aventure avec comme rôle vedette la bouffe et le développement de soi. On était là, à guider les jeunes à travers leurs apprentissages et la découverte de plusieurs dizaines de nouveaux aliments. Et OMG on peut vous dire que le camp ne sort pas seulement les jeunes de leur zone de confort : colère, frustration, sentiment d’impuissance, mais aussi fierté, sentiment d’accomplissement, courage, bonheur et tendresse étaient tous au rendez-vous. Aujourd’hui, on peut tout de même vous certifier que bien au-delà de la bebelle que vous allez pouvoir vous payer après 10 ans d’économie de vos billets de Canadian BingBang et bien ce billet-là peut permettre à un enfant d’apprendre à se découvrir pendant deux grandes semaines dans une base plein air géniale. Alors non cette drôle de boîte que vous croisez en sortant de votre magasin de cartier tout en jonglant avec vos achats et vos faux billets n’est pas de l’arnaque. Visitez la page facebook de ce camp et vous verrez la valeur de vos dons!

Parce que ce billet fait partie de moi, de ce que je suis et de ce que j’ai pu être et devenir au courant de cet été, mais il traite aussi de ce que les enfants peuvent devenir avec un peu de support et de bonheur. Mettez-leur une cuillère dans les mains et vous contribuerez à dessiner leur avenir en santé. Pis en passant… On s’en fou qu’il y ait de la farine partout!

Des enfants heureux et en santé ça se fait par l'apprentissage

Crédit photo: Base de plein air Bon Départ

Ma bibliothèque :

Agence de la santé publique du Canada. (2012). Freiner l’obésité juvénile : Cadre d’action fédéral, provincial et territorial pour la promotion du poids santé. Repéré à http://www.phac-aspc.gc.ca/hp-ps/hl-mvs/framework-cadre/index-fra.php

Agence de la santé publique du Canada. (2011). Notre santé notre avenir – Dialogue national sur le poids santé. Repéré à http://www.phac-aspc.gc.ca/hp-ps/hl-mvs/ohof-nsna/index-fra.php?utm_source=VanityURL&utm_medium=URL&utm_campaign=notresantenotreavenir.gc.ca

Statistique Canada. (2016). La santé au Canada. Repéré à http://www.statcan.gc.ca/fra/sante/index

Santé Canada. (2010). Amélioration des compétences culinaires : Synthèse des données probantes et des leçons pouvant orienter l’élaboration de programmes et de politiques. Repéré à http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/child-enfant/cfps-acc-synthes-fra.php

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