Déchet ou comestible? Histoire de perception!

Je suis convaincu que si je te parle de mettre des insectes dans ton prochain plat de pâtes alfredo y’a un petit frisson de dégoût qui va te monter du haut des fesses jusqu’à la racine des cheveux. Je dois avouer que même pour moi l’idée d’avoir de petit vers blancs dans ma salade d’automne ne me fait pas glousser d’envie.

Pourquoi un aliment est-il considéré comme comestible alors qu'un autre non?

Source: giphy.com

Et pourtant, je ne vois pas pourquoi les insectes ne pourraient pas occuper le même statut dans notre assiette qu’une crevette. D’ailleurs, le criquet est souvent appelé crevette du ciel, c’est bien pour dire. De la même façon, pourquoi une pelure de betterave ou encore ses feuilles sont souvent déclassées en tant que déchet alors que la betterave en soit est si précieusement cuisinée? Qu’est-ce qui rend une chose bonne à manger et pourquoi? Qu’est-ce qui rend un aliment bon pour les poubelles ou non?

Des déchets à table ou du bon aux poubelles?

Un pot de yogourt intact passé date aux poubelles, une banane noire cuisinée, une pelure de carotte envoyée au compost ou une noix rance en collation. Pourquoi l’un est considéré non comestible et impropre à la consommation alors que l’autre sera cuisiné? Nutritonic vous parle d'aliments parfois considéré comme des poubelles et parfois comme des alimentsSi tu poses la question autour de toi, tu auras probablement une réponse différente selon la personne. Le comestible est souvent vicitme de jugement de valeur. Combien de fois quelqu’un m’a dit: « Des pelures de betteraves?! Ha oui?! Ça se mange?! ». Notre culture a définitivement pour manie de penser qu’un aliment doit être comestible avant d’être délicieux, alors que c’est deux choses devraient être considérés séparémment. La preuve, la grand-mère de ma moitié a longtemps consommé le pied du brocoli et jeté la tête, alors que bien des gens considèrent le pied comme un déchet alimentaire! C’est pour dire à quel point c’est arbitraire! C’est ça le vrai défi de la lutte au gaspillage alimentaire! On est maintenant tellement loin de ce que l’on mange qu’on ne sait plus comment déterminer si un aliment est toujours bon et encore moins s’il est comestible. Les frigos et les congélateurs sont maintenant tellement gros (je pourrais définitivement entrer plusieurs moi dans la plupart de ces machines) qu’on ne se demande même plus comment conserver nos aliments et quand et comment les consommer. Ils sont au final les outils par excellence pour oublier et remettre à plus tard.

Le beau, le bon et les déchets

J’entend souvent l’expression « donner une deuxième vie aux aliments » et je dois dire que ça me fait toujours un peu grincer des dents parce que pour moi cette expression est un nonsens complet! La vie de l’aliment ne se limite pas au moment où l’aliment est au maximum de sa fraîcheur, parfait, beau, croquant et aveuglant de couleur. Non! Elle se poursuit jusqu’à ce que moisissure et décomposition s’en suive. Pour moi ce serait comme dire que notre vie ne dure que le temps de la 20aine, après on te réssuscite ou on te met au compost! C’est court et triste comme vie. Il faut savoir tirer le beau de l’aliment flétri et moche et donner de la valeur aux vieux (c’est paradoxale quand on pense aux conditions de vie de nos personnes âgées). Le stade de vieillissement, tout comme la quantité disponible d’un aliment, devrait nous guider dans notre façon de les cuisiner, point! Et non déterminer le temps avant la destination poubelle! Tu ne fais probablement pas une sauce tomate avec une seule tomate, tout comme tu ne fais pas de pain aux bananes avec une banane bien ferme et dure (abomination!). Il faut donc oublier tout ce que tu penses connaître sur chaque fruit et légume et commencer à les voir de façon différente. Plutôt que de voir leur état, il faut penser à ce que chaque aliment pourrait t’apporter en saveur. Ça peut sembler complexe, mais la clé du succès est dans la curiosité et la confiance en soi en cuisine. Si c’est ton gros problème, je t’invite à relire mon billet sur la confection de « Touski », ça pourra te donner un coup de pouce! Ton défi pour la prochaine semaine, si tu l’acceptes, sera de cuisiner tes légumes d’une nouvelle façon et tu t’en doutes, de ne rien laisser derrière! Repense ta carotte molle, ton brocoli jauni, ta laitue flétrie et ton poivron ramolli. 

Je te laisse sur un passage d’une publication de 2012 du Nordic Food Lab qui travail à la diversité alimentaire:

[…] il est plus efficace de transformer la matière brute en quelque chose qui sera reconnu comme délicieux avant même que sa comestibilité soit mise en question. Si son aspect, son parfum et son goût sont délicieux, il doit être comestible.

 

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